Comment nos biais nuisent à la parité ?

Biais cognitifs, stéréotypes, syndrome de l’imposteur, ces différents motifs émergent spontanément lorsque que nous cherchons à comprendre les freins à la parité entre les femmes et les hommes. Comment agissent-ils ? Pourquoi sont-ils aussi tenaces alors qu’une juste représentativité des genres apporte aux entreprises un supplément de performance ? 

 

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Pour commencer, nous pouvons définir les biais cognitifs comme des raccourcis mentaux que notre cerveau utilise pour traiter l’information rapidement. Ils visent à le décharger des opérations les plus simples et répétitives pour se concentrer sur celles qui nécessitent un traitement plus conséquent.

En contrepartie, ces raccourcis peuvent entraîner des conclusions fausses ou inexactes car un événement isolé, un raisonnement erroné ou une observation inexacte peuvent conduire à reproduire des réflexions totalement biaisées.

 

Les stéréotypes de genre

Les stéréotypes de genre regroupent des croyances préconçues sur les caractéristiques et les comportements attendus des femmes et des hommes. Ces stéréotypes peuvent conduire à des préjugés et à des discriminations dans les décisions de recrutement, de promotion ou de salaire. Selon une étude menée par la Fondation des Femmes, une femme qui postule à un emploi considéré comme masculin a 22% de chances en moins qu’un homme, à compétences et qualifications égales, de se voir proposer un entretien d’embauche.

Ce biais est souvent appuyé par l’effet Pygmalion qui est une tendance à traiter une personne en fonction des attentes que l’on a d’elle. Car si les attentes d’un employeur sont basées sur ces stéréotypes de genre, défavorable aux salariées, alors cela peut conduire à une sous-évaluation des compétences des femmes et entraver les opportunités de carrières.

 

Le biais de confirmation

Le biais de confirmation est la tendance à rechercher, interpréter et rappeler les informations qui confirment nos croyances préexistantes. Ce biais peut conduire à des décisions de recrutement et de promotion basées sur des stéréotypes de genre, amenant à l’ignorance des compétences et à l’invisibilisation des réalisations des femmes.

Dès la première étape, celle des études supérieures, un obstacle majeur se dresse. Alors que les étudiantes obtiennent en moyenne de meilleurs résultats que leurs camarades masculins, elles demeurent sous représentées dans les filières qui préparent aux métiers du secteur de l’immobilier ; faute à l’autocensure de la candidate, et aux biais de confirmation et endogroupal des recruteurs.

Enfin, les stratégies doivent se baser sur des critères objectifs, mesurables et engageants afin d’en tirer la dynamique et en déduire les actions à mener. Il existe de nombreuses professions dans lesquelles les femmes sont très largement sous-représentées, par exemple, moins d’un quart (24%) des ingénieurs sont des femmes.

 

Le syndrome de l’imposteur

Dernier point encore, les femmes sont souvent touchées par le syndrome de l’imposteur, c’est-à-dire à une tendance psychologique à la peur et à la remise en question permanente au sein de leur milieu professionnelle. Elles ont souvent tendance à se sentir illégitimes à occuper leur poste. C’est en bonne partie pour cette raison que les femmes candidatent moins en moyenne 30 à 40% que les hommes aux postes exécutifs, selon une étude menée en 2021 par le LIEPP (Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques). La raison est que ces dernières se mettent souvent elles-mêmes des barrières.

 

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